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« Otto Bock », au service des athlètes paralympiques depuis 30 ans

Date 12-mars-2018

John Spillar d'Otto Bock

Retour aux sources pour Otto Bock. L’entreprise spécialiste des dispositifs médicaux, partenaire des Jeux Paralympiques depuis les Jeux de Séoul en 1988, propose comme à chaque édition un service de réparation gratuit des prothèses, orthèses et des fauteuils roulants des athlètes. De retour 30 ans plus tard en République de Corée, la société allemande nous ouvre les portes de cet atelier très spécial.

 


Affairés sur un grand établi, les techniciens n’ont pas une minute à eux. « Nous travaillons sur la prothèse de bras d’un skieur », explique John Spillar. Celui qui est en temps normal en charge du marché Nord-Américain d’Otto Bock fait partie des 23 experts mobilisés pour les Jeux Paralympiques de PyeongChang 2018. « Ce skieur de descente a complètement cassé sa prothèse d’avant-bras en touchant un poteau pendant qu’il faisait du slalom. Il a fait ça hier et il a une compétition aujourd’hui, ils viennent chercher la prothèse dans une heure », poursuit-il. 


Prothèse d'avant-bras d'un skieur alpin

La compétition n’a commencé que depuis une journée, mais depuis l’arrivée des athlètes, les équipes ont enchaîné les réparations, 244 en tout, des chaises roulantes à des objets bien plus petits.  



« C’est parfois une paire de lunettes ou une montre, tout ce que l’athlète amène nous essayons de le réparer, peu importe d’où vient leur matériel », précise Merle Florstedt, en charge des relations publiques. 


Protection pour un hockeyeur sur luge

Pour assurer la réparation dans les temps, Otto Bock a fait venir d’Allemagne 2 containers de 10 tonnes de matériel et de pièces de rechange.


Pièces de rechange de l'atelier

Ce service gratuit existe depuis maintenant 30 ans. Cette édition est d’autant plus spéciale pour les équipes que le premier atelier de réparation remonte aux Jeux Paralympiques d’été de Séoul en 1988. « C’est un peu un retour à la maison », observe Merle Florstedt. 
 

Un service indispensable

L’atelier peut compter sur une équipe internationale pour résoudre tous les problèmes qui se présentent à eux. « Nous avons des techniciens américains, un technicien chinois, un Japonais, un Néerlandais », énumère Peter Franzel, directeur de l’organisation de l’atelier. « Ils font du brainstorming pour trouver la meilleure solution pour l’athlète », précise-t-il.


Machine qui montre les lignes de force du corps

Des machines de pointe, comme celles qui calculent les lignes de force du corps, sont également là pour permettre d’ajuster les équipements au millimètre près.



Pour Peter Franzel, il est plus que normal que l’entreprise allemande de dispositifs médicaux fournisse ce service. « Ces athlètes s’entraînent très dur pendant quatre ans juste pour arriver ici. Ils travaillent dur et ils devraient se concentrer uniquement sur leur compétition, leur sport. Ils ne devraient pas se préoccuper de leurs fauteuils-roulants, leurs prothèses, leur équipement de sport, cela nous pouvons nous en charger pour eux. »


 

Au-delà de la réparation


Merle Florstedt et Julian Napp d'Otto Bock

Ce service est d’autant plus important qu’il peut changer le destin d’un athlète. Márcio Fernandes, du Cap-Vert, n’a pas oublié ce que l’atelier d’Otto Bock a fait pour lui, comme le raconte Julian Napp, en charge de l’équipe technique : « C’était à Londres en 2002, mes premiers Jeux paralympiques. Un athlète entre, Márcio. Un an auparavant il avait été victime d’un accident et s’était beaucoup entraîné pour participer aux Jeux Paralympiques. »

«
Mais ses prothèses étaient mal adaptées parce que son corps avait complètement changé. Il s’était blessé et le docteur lui avait dit que c’était impossible de concourir aux Jeux à cause des risques. Donc nous avons ajusté la prothèse, travaillé avec lui toute la journée ainsi qu’avec des médecins pour un traitement spécial. Deux, trois jours plus tard, il pouvait participer aux Jeux. Il était très heureux et nous sommes resté en contact régulier, il a visité plusieurs fois l’atelier lors des Jeux suivants, c’est devenu une sorte d’ami. »

Un soutien qui l’a aidé à poursuivre ses rêves. Trois ans plus tard, Márcio Fernandes a été sacré champion du monde à Doha (Qatar) en 2015 en javelot.