Tout comprendre sur le système de notation en para-ski alpin


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Vous êtes-vous déjà demandé comment un skieur alpin avec un seul bras participe à des compétitions dans la même catégorie que quelqu'un avec une paraplégie spastique, ou comment un athlète ayant une déficience visuelle totale peut-il concourir de manière équitable contre un adversaire partiellement deficient visuel ? Si oui, la réponse renvoie au système de factorisation du sport.
C'est une méthode soigneusement calibrée, qui est affinée annuellement et prend en compte des tas de données de course historiques. Ali Bombardier, directeur de la course du World Para Alpine Skiing et d’origine australienne, nous explique.


Comment définir le système de factorisation?

Nous avons des groupes d’ahtlètes déficients visuels, debout et assis, mais au sein de ces groupes, tous ont de différents niveaux de déficience physique et le facteur qui leur est attribué donne à tous des chances égales.

C'est donc pour permettre à une personne complètement déficiente visuelle de concourir sur la même course qu'une personne ayant une vision de 10% - la personne entièrement déficiente visuelle a un plus grand pourcentage (facteur) donc elle n'a pas besoin d'aller aussi vite pour gagner car son temps d’arrivée est ajusté.


Comment ce système fonctionne-t-il ?

Le pourcentage est calculé à partir de données historiques. Nous avons recueilli toutes les données sur de nombreuses années de l’histoire du para ski alpin et nous avons travaillé pour que tous aient une chance de remporter la course.


Est-ce une mesure personnelle ou collective?

Le calcul est effectué au sein des groupes. Nous avons neuf groupes pour la catégorie debout, trois groupes déficient visuel et trois groupes assis, et chaque groupe a un facteur associé.

Et c'est différent pour chaque discipline - un pour le slalom, un pour le slalom géant, un pour le Super-G et ainsi de suite. Cela tient compte, par exemple, du fait que le slalom a des virages serrés et courts, ce qui est plus facile pour certains que pour d'autres, et cela peut-être le contraire sur la descente.


Ce facteur est-il constamment mis à jour?

Oui. Chaque année, nous examinons les résultats, nous avons un groupe d'experts très bons en mathématiques. Ils les étudient et cherchent des valeurs aberrantes. Si quelqu'un d'une catégorie commence tout d'un coup à gagner avec une grande avance, cette valeur aberrante indiquera peut-être que les données ne sont pas correctes.

Plus nous recevons de données, plus le système s'améliore. C'est mieux maintenant qu'il y a 15 ans et ça va continuer à s’améliorer.

Ce n'est pas un système parfait, mais c'est un bon système qui nous permet d’avoir des compétitions justes et équitables et de vraiment pousser les athlètes à exceller.


Est-ce compliqué de déterminer chaque facteur ?


Le travail en amont l’est, mais le facteur en lui-même est un simple pourcentage. Nous avons un tableau Excel avec les pourcentages de chaque groupe, donc selon la catégorie dans laquelle vous êtes, vous pouvez vous y référer et voir que pour gagner la course, vous avez besoin d’être 0,13% plus rapide que tous les autres.

Le calcul est assez simple mais c’est tout le travail en amont et la collecte de données qui est un peu plus compliqué.


Qui est dans ce groupe d’experts ?

En ce moment nous avons quelques universitaires. Ce sont des volontaires mais ils comprennent aussi les courses de ski et le côté paralympique de la course. Et nous avons aussi des personnes au sein du Comité International Paralympique qui nous aident.


Est-ce que tout le monde est heureux avec ce système ?


Il y en a certains qui râlent, mais notre système est assez bon et assez juste dans l’ensemble. Parfois vous entendrez des entraîneurs ou des athlètes se plaindre, mais c’est bien parce que lorsque vous examinez ces points en particulier, pour pouvez soit confirmer ‘oui, il y a eu un problème’ ou dire ‘non, c’était normal’.

Ce qui est difficile avec notre sport c’est que nous avons tant de variables qui affectent chaque skieur – le temps est différent, l’état de la neige est différent, les pentes sont toujours différentes, les paramètres de la course sont toujours différentes – et ensuite vous ajoutez un pourcentage pour tous pour un résultat plus égal, mais parfois cela ne fonctionne pas.

Nous contrôlons la seule variable que nous pouvons contrôler. Malheureusement nous ne sommes pas dans une piscine, qui est toujours de 50 mètres de longueur et toujours à 23°.


Les résultats sont-ils parfois ajustés après la course ?

Non.


Est-ce que ces facteurs sont parfois ajustés pendant la saison ?

Non, jamais. Une fois que les facteurs sont déterminés, ils restent fixes. Et ils ne sont pas changés tous les ans, c’est juste si un cas particulier entre en jeu.


En termes de temps final, que voient les spectateurs et téléspectateurs ?

C’est toujours le temps avec le facteur appliqué. Vous ne verrez jamais le « temps brut ». Sur l’écran géant installé à l’arrivée et sur l’écran TV, vous verrez le temps auquel on a appliqué le facteur.

Chaque concurrent a une idée générale de ce qu’ils doivent viser. Par exemple, mon facteur est de 85% et le sien 90%, donc je dois aller 5% plus vite si je veux gagner.

Source : Comité International Paralympique

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